Qu’est-ce les myosites inflammatoires ?

Les myosites inflammatoires font partie de la famille des maladies auto-immunes² systémiques comme le lupus systémique. Elles se caractérisent par des atteintes musculaires conduisant à des douleurs et une faiblesse (musculaire?). Dans certains cas on observera l’apparition de signes sur la peau ainsi que l’existence de douleurs articulaires et de problèmes pulmonaires .

Les myosites inflammatoires comme les autres maladies auto-immunes ne sont pas contagieuses, ni reliées au SIDA.

A ce jour le nombre de cas de myosites inflammatoires sur les Antilles et la Guyane n’est pas connu. Contrairement au Lupus et à d’autres maladies auto-immunes, il n’existe pas de recensement officiel, mais le nombre de malades est estimé à plusieurs centaines pour les trois départements.

  Il existe plusieurs formes  de myosites. Les formes auto-immunes les plus répandues sont:

·   la polymyosite,

·   la dermatomyosite qui comprend en plus une atteinte cutanée,

· le syndrome des antisynthétases qui  peut se présenter avec une atteinte du poumon. Dans certains cas il peut y avoir une atteinte des muscles et des mains épaissies dites « mains  de mécanicien ».

·   la myosite à inclusion qui est une forme d’évolution plus lente, touche préférentiellement un côté du corps et parfois les extrémités, généralement épargnées dans les autres formes.

Enfin, les autres maladies auto-immunes systémiques comme le lupus systémique, la sclérodermie, le syndrome de Gougerot Sjögren primitif peuvent être associées à une authentique myosite.

Mise à part la myosite à inclusion, ces maladies évoluent par poussées. Elles sont chroniques et si elles ne guérissent pas spontanément, les traitement permettent de contrôler la maladie et d’améliorer la qualité de vie.

 

Qui peut souffrir de myosite?

Aux Antilles  et en Guyane, ce sont essentiellement les sujets jeunes, plus fréquemment les femmes, dans une proportion moindre que dans le lupus : 2 pour 1 environ contre  9 pour 1. Il existe aussi des formes infantiles.

 

Qu’est-ce qui cause la myosite?

La cause reste inconnue à ce jour. Comme pour les autres maladies auto-immunes systémiques, le système immunitaire fait des erreurs et attaque le muscle qu’il devrait normalement reconnaître comme faisant partie de son corps et donc épargner.

 

Comment le diagnostiquer ?

Le diagnostic repose sur un ensemble de signes cliniques et d’examens biologiques :

·  pour les formes les plus graves, douleurs musculaires avec une faiblesse touchant surtout les épaules et les cuisses. Les mains et les pieds ne sont généralement pas atteints ;

·  présence  de  lésions cutanées  qui vont parfois faciliter le diagnostic ;

·  certains cas de douleurs articulaires ou /et un essoufflement associés à la présence de tâches pulmonaires à la radiographie ;

·  un taux sanguin élevé de la CPK  (enzyme du métabolisme musculaire) ;

·  une inflammation musculaire mise en évidence par une biopsie musculaire.

Enfin, il existe en Martinique deux structures spécialisées dans le diagnostic et la prise en charge  de ce type de pathologie, toutes deux basées au CHU de Fort de France :

·  Le centre régional de compétence pour les maladies  auto-immunes rares

 Le Centre de référence caribéen des maladies rares neurologiques et neuromusculaires (CERCA) qui réalise notamment les biopsies musculaires

 

Comment se traitent les myosites inflammatoires ?

La base du traitement reste la cortisone qui peut être associée à d’autres traitements utilisés dans les autres maladies auto-immunes systémiques comme le MÉTHOTREXATE, le PLAQUENIL, l’IMUREL ou le MYCOPHENOLATE.

Leur objectif est de stopper la poussée et d’éviter les récidives.

 

Quels sont les signes de gravité de la myosite?

L’essoufflement, l’impossibilité de se lever, de lever les bras, les fausses routes (la nourriture passe dans le poumon quand on boit ou avale, ce qui fait tousser) sont des signes qui doivent alerter le patient et le conduire à consulter rapidement.  Plus la prise en charge est précoce plus le traitement sera efficace.

 

Vivre avec la myosite : à quoi s’attendre?

En général, les personnes atteintes de polymyosite et de dermatomyosite réagissent bien au traitement.

Plusieurs cas  peuvent se présenter :

·  une crise unique. L’arrêt des médicaments pourra se faire au bout d' un an environ.

·  rechutes ou périodes évolutives fréquentes. Le traitement permettra de maîtriser la maladie par prise régulièrement de faibles doses de médicament.

·  phase évolutive  devenue chronique (cas très rares). Un traitement à base d’immunosuppresseurs s'impose. Des infections ex: la pneumonie) peuvent également aggraver les symptômes.

 

Vivre avec les myosites : comment s’aider?

Un  certain nombre de recommandations sont  généralement faites :

·  se mettre au repos durant les périodes évolutives de la maladie.

·  bien suivre le traitement et éviter les efforts physiques pour favoriser une bonne guérison et limiter tous risques de rechute.

·  attendre que les symptômes soient maîtrisés avant de reprendre une activité physique.

·  consulter son médecin avant d'entreprendre un programme d'exercice. Il pourra vous diriger  vers  un physiothérapeute qui vous aidera à choisir les exercices susceptibles d'être bénéfiques et écarter ceux qui risquent de vous nuire.

·  si la respiration est entravée, le thérapeute pourra vous enseigner des exercices de rééducation respiratoire.

·   Avoir une bonne hygiène alimentaire, au besoin, se faire suivre par un nutritionniste.

·  garder espoir, faites-vous aider (psychologue, association de malades, etc. )